Evitez les mammographies de routine avant 50 ans


Tapez « mammographie » sur Google et des dizaines de références scientifiques, toutes plus « sérieuses » les unes que les autres, vous expliquent que les mammographies sont indolores, efficaces pour prévenir le cancer du sein, et sans risque.

Le dépistage du cancer du sein organisé par les pouvoirs publics ne concerne que les femmes à partir de 50 ans. Mais les premières références qui ressortent sur Internet indiquent au contraire on ne peut plus clairement :

« Il est conseillé de commencer [les mammographies] à 40 ans au rythme de tous les 12 à 18 mois jusqu’à la ménopause sur prescription de votre gynécologue ou généraliste » (Wikipédia)

« La mammographie est indiquée  chez toutes les femmes après 40 ans et doit être réalisée tous les deux à trois ans. » (Doctissimo).

« Parmi 10 000 femmes de 40 ans, 37 vont décéder de cancer du sein  dans les 10 ans à venir. Si la totalité d’entre elles ont une mammographie régulière  pendant 10 ans, 4 morts par cancer du sein seront prévenues. Ceci signifie que pour des femmes dans la quarantaine, les mammographies peuvent prévenir une mort par cancer du sein chaque 2500 femmes dépistées régulièrement. «  (Gyneweb.fr)

Il est utile de commencer les mammographies dès 40 ans, le consensus est donc général.

Général ?

Pas tout à fait.

Les mammographies contestées

En 2000, une méta-analyse danoise (synthèse scientifique des études publiées) a jeté un pavé dans la mare. Les auteurs concluaient sans ambage dans The Lancet ( une des revues médicales de référence au plan international) que :

« les programmes [de prévention du cancer du sein] mis en œuvre ne reposent sur aucune justification du fait de la médiocrité de l’ensemble des études « fondatrices » »

L’année suivante, ils publiaient une version plus complète, conforme aux règles de la Cochrane.(1) Leurs conclusions restaient les mêmes : seules les études de qualité méthodologique faible, donc potentiellement biaisées, montraient une réduction de mortalité par cancer du sein par les programmes de dépistage.

Les autorités françaises ont décidé de ne pas tenir compte de ces conclusions. Toujours un train en retard, elles décidèrent même en 2004 de généraliser les tests de dépistage à toutes les femmes de 50 à 74 ans. Mais depuis, un flux constant de nouvelles publications scientifiques est venu mettre en valeur les risques des examens de prévention, et relativiser les bénéfices à attendre des mammographies.

Réduction de la mortalité, vraiment ?

En 1980, sur deux cancers du sein dépistés, un conduisait au décès de la patiente, l’autre à sa guérison. En 2000, malgré des évolutions très limitées des moyens thérapeutiques, les statistiques officielles indiquaient que, sur quatre cancers du sein dépistés, un seul était létal, et trois autres aboutissaient à une guérison.

Quel progrès ! Cette hausse de 50 % des chances de survie de la femme suite à un cancer du sein démontrait de façon éclatante l’efficacité des programmes officiels de prévention, et justifiait à coup sûr la nécessité d’aller plus loin. C’est du moins ce qu’espéraient les innombrables structures recevant des fonds publics pour effectuer des diagnostics précoces du cancer du sein.

Mais ces chiffres masquaient une autre réalité, beaucoup moins rose : en fait, le nombre de cancers du sein avait pris des dimensions épidémiques, ayant été multiplié par 2 sur la même période. Deux chercheurs français, Duperray et Junod, en ont conclu en 2006 que la hausse apparente du nombre de survies était en fait liée à la multiplication des « surdiagnostics », autrement dit du dépistage d’un nombre croissant de cancers invasifs lentement évolutifs, ou régressant spontanément, ou des cancers in situ qui n’auraient jamais évolué ! (2)

Pis encore, les chiffres absolus de décès par cancer du sein, eux, indiquaient une augmentation effrayante de 25 % de la mortalité, signant l’échec lamentable de la pseudo- politique de lutte contre le cancer du sein.

En effet, les surdiagnostics ont des conséquences négatives importantes, non seulement en terme de coût et d’angoisses inutiles pour les femmes, mais surtout parce qu’ils les conduisent à subir des biopsies, voire des opérations chirurgicales, qui peuvent aller jusqu’à l’ablation du sein, alors qu’elles ne se seraient jamais aperçu de rien si elles n’avaient pas subi de mammographie !

Au plan international, on a assisté récemment à un changement rapide du discours des autorités médicales.

Aux Etats-Unis, le service de prévention (US Preventive Services Task Force) demande depuis 2009 aux femmes de moins de 50 ans de ne plus faire de mammographies de routines pour détecter le cancer du sein, alors qu’il recommandait auparavant de le faire tous les un à deux ans à partir de 40 ans.

Mais en France, la lourdeur et l’inertie de notre système de santé, ainsi que le poids considérable des intérêts financiers en jeu, font que le discours des autorités n’a toujours pas évolué. Et les changements risquent de se faire attendre très longtemps, aucun ministre de la Santé ne voulant passer pour hostile à la santé des femmes en informant les femmes des risques associés aux programmes de dépistage.

Il est certes possible que le dépistage par mammographies apporte un bénéfice après tout, comme le laissent entendre des données très récentes (http://www.medscape.com/viewarticle/745484) mais cette efficacité fait l’objet de débats dans la communauté scientifique et surtout il serait bon que les femmes soient plus amplement informées des « faux positifs » et du fait qu’une mammographie normale ne garantit pas l’absence de cancer.

Pourquoi les mammographies de routine peuvent poser problème ?

Le premier danger de la mammographie est qu’elle implique de compresser le sein d’une façon qui peut provoquer un éclatement de micro-tumeurs non dangereuses, et la dissémination de cellules cancéreuses mortelles dans l’organisme.

Elle implique aussi l’exposition du sein à une forte dose de radiations, à un stade où la sensibilité est particulièrement forte.

Selon le Docteur Samuel Epstein, professeur à l’Ecole de Santé Publique de l’Université d’Illinois (USA), expert en cancer du sein et opposant de longue date au dépistage systématique :

« Le sein au stade de la préménopause est hautement sensible aux radiations, chaque exposition d’un Rad augmentant le risque de cancer du sein d’environ 1 %, avec un effet cumulatif de 10 % d’augmentation du risque pour chaque sein sur une décennie de « prévention » ». [Ma traduction]

De plus, le diagnostic du cancer du sein se révèle erroné dans une proportion importante des cas (jusqu’à 6 %). Cela implique que de 20 à 49 % des femmes participantes à un dépistage mammographique régulier auront au moins un résultat faussement positif après 10 examens.(3)

Loin d’entraîner uniquement des examens inutiles et/ou dangereux, le fait de se croire atteint d’un cancer peut provoquer un choc émotionnel tel que la personne victime du faux diagnostic peut déclencher une authentique maladie.

Si le dépistage de masse par mammographies diminue finalement la mortalité et augmente la survie, reste à évaluer le rapport bénéfices risques selon les âges et les catégories. Pour l’instant, l’incertitude continue de régner.

Que penser de l’auto-examen ?

A défaut de recommander aux femmes des mammographies régulières, certains médecins leur indiquent comment surveiller elles-mêmes l’apparition éventuelle d’une tumeur.

Ce geste a sauvé la vie de plusieurs femmes, mais au plan purement statistique, sur un nombre élevé de femmes, les études ont montré que l’auto-examen ne diminue pas le risque de mourir d’un cancer du sein. Il augmente, en revanche, le taux de biopsies inutiles, les femmes pratiquant l’auto-examen ayant un risque plus élevé de se croire faussement atteintes d’un cancer, et d’entrer inutilement dans un protocole plus poussé.

Il ne s’agit pas, bien entendu, de minimiser l’intérêt des examens cliniques (en particulier la palpation), qui permettent effectivement le diagnostic et le traitement à un stade précoce du cancer du sein, mais de souligner les risques qu’ils soient pratiqués par des personnes n’ayant pas de formation médicale.

Les meilleurs conseils anti-cancer du sein

Dans la mesure où une femme sur huit développera un cancer du sein au cours de sa vie, il est capital de prendre de vraies mesures de prévention. Selon une étude de l’Institut de veille sanitaire parue lundi 11 juillet 2001, le cancer du sein progressera à nouveau cette année, avec 53 000 cas diagnostiqués et 11 358 décès. Il y a donc urgence.

Pour commencer, il faut savoir qu’existe un examen alternatif à la mammographie, plus efficace et moins risqué : la thermographie.

La thermographie consiste à mesurer les infrarouges émis par votre corps pour obtenir des images anatomiques sans avoir besoin de vous irradier ni de presser fortement sur le sein. Parlez-en à votre médecin la prochaine fois que vous devez aborder avec lui la question du cancer du sein.

Mais il ne suffit pas de détecter la tumeur. Le mieux est évidemment de faire en sorte qu’elle n’apparaisse pas. Or, les chercheurs estiment que 40 % des cancers du sein pourraient être évités aux Etats-Unis par de simples modifications du style de vie. (4) Le problème est qu’on connaît encore mal les changements d’hygiène de vie qui pourraient prévenir le cancer du sein.

Une alimentation saine, un niveau optimal de vitamine D, et un bon contrôle de vos émotions (réduction des causes de stress) pourraient constituer les fondamentaux de tout programme de prévention du cancer.

Dans le cas spécifique du cancer du sein, il est également utile de :

  • Maigrir si vous êtes en surpoids ou obèse
  • augmenter vos apports en acides gras oméga-3, et diminuer ceux d’oméga-6 ;
  • allaiter jusqu’à l’âge de 6 mois, si possible de façon exclusive ;
  • limiter votre consommation d’alcool (une boisson par jour) ;

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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Le coenzyme Q10 (CoQ10) est un facteur essentiel de la production d’énergie dans les cellules du corps humain. Le CoQ10 est indispensable à la vie, et en particulier au fonctionnement du cœur. C’est aussi un antioxydant très puissant : il détruit les radicaux libres. La production de CoQ10 par votre corps diminue avec l’âge et par la prise de statines (médicaments contre le cholestérol).

Sources :

(1) Olsen O, Gøtzsche PC. Cochrane review on screening for breast cancer with mammography. Lancet. 2001 ; 358:1340-2.

(2) Faut-il arrêter le programme français de dépistage du cancer du sein par mammographie ?
Médecine. Volume 2, Numéro 8, 340-2, Octobre 2006, Editorial DOI : 10.1684/med.2006.0002

(3) Jørgensen KJ, Gøtzsche PC, Overdiagnosis in publicly organised mammography screening programmes: systematic review of incidence trends, BMJ, 2009;339:b25

(4) http://health.usnews.com/health-news/blogs/on-women/2009/09/03/4-steps-to-take-now-to-lower-your-breast-cancer-risk

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Une réponse à “Evitez les mammographies de routine avant 50 ans

  1. Et surtout même après 50ans si vous voulez mon avis! A rejeter systématiquement ainsi que les tests sur le cancer du côlon dont nous sommes harcelés 2 fois par an par courrier en France à partir de 45 ans!
    Poubelle!

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