3 secrets peu connus sur l’hôpital


Être hospitalisé est parfois indispensable pour se faire soigner, mais le bruit, la lumière, les incursions intempestives dans votre chambre pour prendre votre température, ou celle de votre voisin, et, désormais, l’omniprésence des appareils électroniques qui clignotent et bipent à toute occasion rendent les séjours à l’hôpital épuisants.

Mieux vaut partir bien équipé : emportez votre propre oreiller, vos boules quiès, et un masque pour vous cacher les yeux pour dormir, du type de ceux qui sont distribués dans les avions.

Mais voici trois secrets peu connus pour rendre votre séjour moins déplaisant… et même le raccourcir.

Il est fréquent, lors de retour d’un séjour à l’hôpital, de se sentir désorienté, et même d’avoir de petites pertes de mémoire. Une équipe de chercheurs de Chicago se sont penchés sur le phénomène. Et c’est en effet un phénomène.

Ils ont découvert que près d’un tiers des personnes de plus de 70 ans, dans leur étude, étaient désorientées, distraites et souffraient de problèmes de mémoire, après un séjour à l’hôpital. Mais presque 60 % d’entre elles ont retrouvé leur état normal dans le mois qui a suivi. (1)

A noter que ces problèmes apparaissent chez des personnes qui n’en souffraient pas avant leur hospitalisation. Il n’y a donc aucune raison de paniquer si vous observez ces symptômes, chez vous ou chez un proche, surtout si vous prenez des médicaments. En principe, tout rentre dans l’ordre en quelques semaines.

Mais vous pouvez agir pour prévenir ce problème : l’atmosphère confinée, bruyante et souvent trop chauffée des hôpitaux est débilitante. On a alors trop tendance à rester coucher, alternant lectures, siestes et télévision. Ce mode de vie est évidemment très mauvais : si vous ne l’étiez pas déjà, un tel régime vous rendrait très vite malade !

Alors pour sortir de l’hôpital au plus vite, faites une chose simple : marchez.

Des chercheurs de l’Université du Texas ont suivi des patients hospitalisés de plus de 65 ans, pendant quatre mois. Ils ont remarqué qu’une chose faisait une énorme différence sur la durée des séjours… et c’était le fait de marcher, indépendamment de l’état de santé des patients.

En moyenne, les patients passaient environ six jours à l’hôpital. Mais ceux qui faisaient 600 pas de plus le deuxième jour de leur séjour que le premier jour, restaient à l’hôpital deux jours de moins que les autres.

Ces « gros marcheurs » avaient pourtant autant de probabilité que les autres d’être sous intraveineuse, et n’étaient ni plus jeunes, ni en meilleure santé que les autres. Et le fait de beaucoup marcher n’a pas augmenté leur risque de chute. (2)

Donc, si vous préférez être chez vous qu’à l’hôpital – avec l’autorisation de votre médecin – marchez.

Enfin, voici un petit conseil pour éviter les problèmes à l’hôpital.

Vous avez sans doute entendu parler du danger des maladies « nosocomiales », c’est-à-dire contractées en milieu hospitalier. Les microbes résistants aux traitements sont particulièrement inquiétants.

Une étude publiée dans le American Journal of Infection Control récemment a révélé une origine inattendue pour ces bactéries dangereuses : les téléphones portables.
Les auteurs ont examiné les téléphones portables des personnels des hôpitaux, des patients, et des familles des patients, pour y rechercher des bactéries résistant aux antibiotiques.
Parmi les téléphones des personnels des hôpitaux, 20,6 % se sont révélés positifs au test de bactéries. Mais c’est la bonne nouvelle. Car parmi les téléphones appartenant aux patients ou à leur famille, 39,6 % se sont révélés porteurs de bactéries multi résistantes. (3)

En d’autres termes, si votre téléphone portable n’a pas été soigneusement nettoyé… n’appelez pas chez vous pour dire que votre opération s’est bien passée.

Rions un peu…

Ce qui me donne l’occasion de vous envoyer cette blague transmise par email par un médecin du CHU, qui l’estime « assez réaliste »…

– Bonjour ! C’est la réception ? J’aimerais parler avec quelqu’un à propos d’un patient qui se trouve chez vous. J’aurais souhaité connaître son état de santé, savoir s’il va mieux ou si son problème s’est aggravé.  
– Quel est le nom du patient ? 
– Il s’appelle Jean Dupont et il est à la chambre 302.
– Un instant je vous prie, je vous passe l’infirmière.
Après une longue attente :
– Bonjour, ici Françoise, l’infirmière de service. Que puis-je pour vous ?
– J’aimerais connaître l’état du patient Jean Dupont de la chambre 302.
– Un instant je vais essayer de trouver le médecin de garde.
Après une plus longue attente :
– Ici Le Dr. Jean, le médecin de garde ; je vous écoute.
– Bonjour Docteur, je voudrais savoir quel est l’état de Monsieur Jean Dupont, qui se trouve chez vous depuis 3 semaines à la chambre 302.
– Un instant, je vais consulter le dossier du patient.
Après encore une autre attente :
– Huuuummm, le voici : Il a bien mangé aujourd’hui, sa pression artérielle et son pouls sont stables, il réagit bien aux médicaments prescrits. Et normalement on va lui enlever le monitoring cardiaque demain. Si tout continue comme ça encore 48 heures, son médecin signera sa sortie d’ici le week-end.
– Aaahhh ! Ce sont des nouvelles merveilleuses ! Je suis fou de  joie. Merci.
– Par votre façon de parler je suppose que vous devez être quelqu’un de très proche, certainement de la famille ?

– Non, Monsieur ! Je suis Jean Dupont moi-même. Et je vous appelle du 302 ! Tout le monde entre et sort ici de ma chambre. Et personne ne me dit rien… Je voulais juste savoir comment je me porte! Merci bien !

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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References:

(1) Lindquist, L.A., et al, “Improvements in Cognition Following Hospital Discharge of Community Dwelling Seniors,” Journal of General Internal Medicine. DOI: 10.1007/s11606-011-1681-1.
(2) Fisher, S.R., et al, “Early Ambulation and Length of Stay in Older Adults Hospitalized for Acute Illness,” Arch Intern Med. Nov 22, 2010;170(21):1942–1943.
(3) Tekerekglu, M.S., et al, “Do mobile phones of patients, companions and visitors carry multidrug-resistant hospital pathogens?” American Journal of Infection Control. June 2011;39(5):379-381.

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