Comment éprouver de la compassion envers ses ennemis ?


Lorsque nous avons été profondément blessé(e), que l’évènement marquant soit récent ou beaucoup plus ancien, le plus difficile est de se débarrasser du souvenir négatif que l’autre év

oque en nous.Même si nous avons conscience que l’ennemi n’est plus là, qu’il ne peut plus nous faire de mal, que tout cela n’est plus que de la pensée, la blessure a néanmoins laissé une trace, que l’on pourrait résumer à une image.
C’est davantage l’image de l’autre dont nous n’arrivons pas à nous débarrasser, ou plutôt le sentiment douloureux ou négatif que nous ressentons lorsque nous évoquons son souvenir. Cette image peut prendre l’apparence d’une forme sombre à l’intérieur de nous, une sorte de masse noire, comparable à un trou noir dans l’espace. Bien que petite, cette masse reste un concentré d’énergie suffisamment dense pour nous empêcher d’avancer sereinement sur notre voie.

Voici donc un petit résumé de ce que nous pouvons faire pour nous libérer de nos images.

Tout d’abord, ne pas condamner l’autre et considérer qu’il y a tout un tas de causes et de conséquences pour que l’autre en soit arrivé à agir de telle façon ; c’est la loi du karma. Même si on ignore tout de l’origine de la souffrance de l’autre, il n’en reste pas moins qu’il y en a une ou plusieurs. On ne cherche pas ici des excuses mais une simple compréhension des phénomènes.

Ensuite, prendre en considération que le supposé ennemi n’a rien fait contre nous, mais a fait les choses pour lui-même ! En réalité, tout le monde cherche son propre bonheur, et certains pour y parvenir, le trouvent au détriment des autres. C’est leur façon de se nourrir, leur façon de se sentir exister !

S’interroger et reconnaître en nous-mêmes cette partie de l’autre : nous ne sommes pas tout blancs, nous avons nous aussi fait parfois du mal aux autres, consciemment ou inconsciemment. Bouddha disait qu’il existe 3000 défauts et que nous les avons tous en quantité plus ou moins importante ! On peut donc difficilement condamner quelqu’un sans se condamner en partie soi-même !

Accepter que les choses soient ainsi ; tout existe dans la nature, il y a autant de comportements et caractéristiques différents qu’il y a d’êtres humains. Nous ne sommes pas le centre du monde (même si notre égo le croit). De ce fait, tant que nous ne sommes pas nous-mêmes libérés de nos propres souffrances, nous sommes et serons perpétuellement confrontés à des comportements perturbateurs et donc sujets à d’éventuelles blessures.

Transformer chaque situation en voie d’éveil ou comment utiliser l’énergie de l’autre pour se guérir : en dehors des blessures qu’ils occasionnent à notre égo, nos ennemis portent en eux les germes de notre éveil ! Il nous appartient donc de transformer notre souffrance en énergie positive.
L’ennemi nous permet de mettre en évidence tout ce qu’en nous-mêmes nous n’arrivons ou ne voulons pas voir en temps normal : la colère, la haine, l’orgueil, la jalousie, l’aversion, la vengeance…Ce ne sont pas nos ennemis qui ont déposé ces poisons en nous, ils existaient déjà au préalable. Nos ennemis les mettent simplement en évidence ; par leurs comportements, ils exacerbent nos tendances naturelles égotiques, nous permettant ainsi de les dévoiler au grand jour et donc, de s’en affranchir.

Nos ennemis forcent en nous la patience, le lâcher-prise, l’acceptation, tout simplement parce qu’il n’y a pas d’autre choix ! Si nous savons tirer profit de leurs « enseignements » au lieu de nous lamenter, alors nous aurons gagné considérablement en sagesse, compassion et amour.

Si malgré tout cela, nous n’arrivons pas à nous débarrasser de l’image de l’autre, il reste la manière radicale, la manière directe : couper le mal à sa racine ! Dans le bouddhisme, il existe des méditations spécifiques qui permettent de chasser les « démons », mais s’il n’est pas possible d’accéder à ce type d’enseignement, il reste une autre méthode : aller les chercher soi-même !

En quoi cela consiste-t-il ?

Au lieu de fuir nos petits démons ou de les éviter en les rangeant dans une petite case de notre cerveau avec écrit dessus « Ne pas déranger », au lieu d’essayer de rassurer notre égo en nous disant que nous valons mieux que ça, que nous ne méritons pas ça, que nous sommes des gens bien…bref, au lieu de nous passer de la pommade, nous pouvons tout autant faire face directement à l’image négative dont nous souhaitons nous défaire !
La voir telle qu’elle est, l’accepter pleinement, l’inviter à saisir en nous ce dont elle a besoin, puis la laisser se dissoudre !

Concrètement, lors de la méditation, il convient de repérer cette masse sombre à l’intérieur de nous, et de ne pas la laisser s’échapper (attention à l’égo qui a la fâcheuse manie de vouloir nous maintenir dans notre souffrance) !
Une fois visualisée, nous l’invitons à puiser en nous ce dont elle a besoin, nous lui demandons de prendre tout ce qu’elle veut, à nous prendre totalement si elle le désire. Nous lui laissons tout l’espace dont elle a besoin, absolument tout ! La nécessité pour que cela fonctionne est de n’opposer Aucune résistance et d’accepter TOTALEMENT ce qui est !

Il est possible qu’à ce moment là, nous puissions nous sentir très mal, envahis justement par cette masse sombre que nous gardions cachée jusque là, et que nous sommes en train de libérer. Si cette image est de la colère, nous pouvons devenir temporairement la colère. Si c’est de la peine, nous serons temporairement très triste…L’intensité de la sensation qui nous envahit est proportionnelle à la masse de cette partie sombre, alors qu’avant elle était sous forme concentrée, là elle se trouve libérée et nous donne une idée du pouvoir qu’elle exerçait en nous.

Cette forme de méditation est très efficace pour les troubles mineurs (trahison, mensonge, rejet, abandon, humiliation…) ; elle permet d’éradiquer très rapidement une émotion refoulée par le simple fait de ne plus s’y opposer. L’acceptation pleine de ce qui est amène automatiquement la dissolution de la charge émotionnelle, nous permettant ainsi de nous libérer. La seule condition étant bien sur de ne pas craindre de revivre l’émotion…

Cet exercice ne s’adresse pas aux personnes souffrant de troubles psychiatriques, ou dont les traumatismes sont tellement refoulés et anciens, qu’il serait dangereux de les laisser s’exprimer sans une aide médicale appropriée ou l’accompagnement d’un thérapeute.

Petite précision : le terme « démons » n’a pas ici le sens de « mal » qui s’opposerait au « bien » mais seulement un terme désignant un concentré d’énergies négatives et polluantes.

NB : pour en savoir davantage sur les méditations qui permettent d’éveiller le cœur et l’esprit, vous pouvez vous référer à la méditation de Tonglen (méditation du donner-recevoir)

Françoise

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2 réponses à “Comment éprouver de la compassion envers ses ennemis ?

  1. Bonsoir Françoise,
    J’ai trouvé ce merveilleux article chez Sasha, je vous ai laissé un commentaire là bas et me voilà avec l’envie de découvrir votre blog.
    J’aime…beaucoup, je reviendrai

  2. J avoue qu il y a longtemps que je n avais pas denicher un billet de ce niveau !!!

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