L’empreinte de la servitude


Publié le 11 mars 2013 par Le Passeur

Peinture de Leonora CarringtonPar le Passeur.

La quête de la Vérité signe la noblesse de l’Homme. Elle est le Graal. Qu’y a-t-il sous la volonté de maintenir ce fil ténu mais indestructible qui guide toute incarnation éveillée ? Quelle force puissante se manifeste ainsi dans la verticalité de l’être arpentant la densité du sol qui le porte ? Nous sommes des saumons qui remontons coûte que coûte les puissants courants vers l’amont d’où nous sommes un jour partis et cela reste le mystère de la Source qui brûle en nous.

En sa quête de Vérité sur lui-même, dans sa remontée du torrent, l’être en chemin cherche souvent du regard la main qui se tendra, l’exemple à suivre, le signe qui le rassurera, parfois aussi le maître, le mentor, le professeur. La frontière est parfois bien mince entre la main qui vous propulse et celle qui vous retient. Entre l’aide ponctuelle et l’inféodation. Et lorsque les failles de son humanité n’ont pas été vues ou suffisamment vues en soi, alors l’asservissement s’empare de chacun à travers la distribution des rôles.

L’asservissement est le résultat de deux forces qui se rencontrent : la peur d’avancer seul et le besoin d’emprise. Ces besoins naissent tous deux au fin fond des failles de l’être devant ce qu’il perçoit comme une immense solitude dans l’immensité. Cela le terrorise et cette terreur demeure la plupart du temps diffuse parmi les brumes lointaines du fond des abîmes, creusés et longtemps érodés par les blessures qu’il a reçues au fil des vies qu’il a incarnées. Être seul, petit et désemparé face aux courants qui emportent nos vies est un sentiment reconduit à chaque incarnation, jusqu’au jour où nous nous libérons de toute peur fondatrice de l’illusion et où nous pouvons enfin sourire aux flux en qui nous nous sommes abandonnés.

A ce point du chemin d’ascension, il n’est plus possible de faire l’impasse sur cette prise de conscience. Il n’y a plus à remettre ce qui est essentiel mais que l’égo voudrait voir comme secondaire, voire inexistant. L’asservissement est de ces remèdes dont les effets secondaires sont bien pires que le mal qu’il est sensé pallier. Ne le sous-estimez pas, il s’infiltre dès notre plus jeune âge sous les aspects les plus variés à tous les niveaux de la psyché humaine, il sait se faire remarquablement discret, c’est un as du camouflage et il a su sous certains apparat se faire accepter à visage découvert comme étant la norme admissible. Chassez-le par une porte, il revient aussitôt par une autre. Car il y a toujours quelqu’un pour exercer une emprise et toujours un point que nous avons négligé à ce propos. Sans cesse en ce monde duel, nous nous soumettons à une autorité ou une influence que nous reconnaissons comme telles, qui ne trouvent leur justification que dans les constructions illusoires des hommes. En sa mésestimation, en son manque de confiance en lui, devoir subir est une des puissantes croyances de l’égo.

Maintenant qu’en est-il de ce que nous apprend l’asservissement ? Il désigne les limites que nous nous créons, autrement dit celles en qui nous croyons, il nous les montre de manière claire et lancinante jusqu’à ce que la gêne devienne trop forte pour qu’on persiste à l’ignorer plus longtemps. Voilà quelque chose qui peut prendre plusieurs vies avant d’en sortir. La preuve en est que l’on voit encore aujourd’hui, où cette vie est la dernière du grand cycle d’apprentissage jusque-là vécu sur Gaïa, des êtres qui ont fait un certain chemin d’éveil se réfugier à la première occasion sous la coupe de quelque nouveau gourou sorti de nulle part. Peu importe ce qu’il raconte pourvu qu’il séduise, au diable les contradictions émises, l’improbabilité des propos, la grossière infiltration de la peur, tout est bon à qui réclame encore un peu de flagellation pour se sentir une place dans le processus de libération en cours. Que ceux-là ne doutent pas qu’ils ont à regarder sérieusement sous le tapis pour voir quelles douleurs ils cherchent à dissimuler, parce qu’à persister dans cette vieille habitude de servitude, ils trouveront tout le contraire de la libération. Et que ceux qui jouent encore de la manipulation d’autrui, quelles que soient leurs intentions, s’interrogent aussi dans le silence à l’écoute de soi sur la nature profonde du pouvoir ainsi exercé. L’apprenti-sorcier est une éternelle tentation pour l’égo.

Même ponctuelle, il ne doit être nulle emprise dans la main qui se tend, ni de la part de celui qui la tend, ni de la part de celui qui la prend. En-dehors de cette attitude, nous manquons de lumière. C’est un exercice qui demande pour celui qui tend la main une grande vigilance et une interrogation permanente sur ses vraies motivations et sur la dépendance qu’il peut voir naître en celui qu’il souhaite aider.

Peinture d'Anne BachelierNous sommes entourés d’êtres bienveillants en ce plan comme en d’autres, qui de bien des manières nous viennent en aide sur nos trajets en fonction des choix que nous avons posés, souvent avec eux, avant de naître en ce monde. Quelles que soient les sollicitations pour nous en écarter et pouvoir ainsi estimer ponctuellement où nous en sommes, aucun de ces êtres de lumière ne nous contraindra jamais à quoi que ce soit. Il nous sera juste présenté de quoi dépasser nos insuffisances et notre libre-arbitre fera que nous le ferons ou pas devant toutes les sollicitations qui se présenteront et se représenteront à nous, jusqu’à ce que nous fassions de nous-même le choix du dépassement ou de la transcendance. Jamais un guide ne nous forcera à quoi que ce soit, jamais non plus il n’insinuera la peur en nous, ne cherchera le contrôle ou pire, l’inféodation, ou n’essaiera de nous tirer d’une quelconque façon vers le bas. Toute autre attitude n’est que subterfuge. Et le Service à autrui n’est pas la servitude.

Seuls ceux de nos guides qui incarnent la lumière sombre tireront ces ficelles. En cela ils seront parfois pertinents dans l’estimation que nous pourrons faire de nous-même, mais pour autant ils ne sont en rien indispensables à notre progression. Nous n’en avons pas besoin. Mieux, nous n’en avons jamais eu besoin. Nous l’avons longtemps cru, collectivement, cela a été organisé, exploité et institutionnalisé par les pouvoirs dominants tout au long de l’histoire et de toute évidence bon nombre encore y croient.

Nous avons en fait toujours eu les moyens de notre pleine souveraineté sur nous-même. Ceux-là parsèment le chemin de l’Amour et il nous a toujours été offert de l’emprunter.

L’être présent à lui-même, qui n’agit plus comme un robot façonné dans le moule de la pré-humanité aux commandes du monde, et qui n’est plus essentiellement la proie de son égo réactif, se suffit dans sa capacité de transcender ses limites.

N’en déplaise aux religions et autres gourous, on n’ascensionne pas dans la crainte et sous le fouet vers une hiérarchie finalement faite encore d’emprises, d’expiations et de souffrances, mais dans la libération totale de l’être qui bascule en lui-même, là où se trouve la porte lumineuse de l’Ascension. Le moteur de cette bascule étant la vibration, tout ce qui peut abaisser sa fréquence vibratoire est contraire au sens du chemin. Il a pourtant été dit des milliers de fois toutes ces années par quantités d’êtres éclairés, que la Joie EST le chemin. La Joie dans la Simplicité et dans l’Amour de la vie en toutes ses expressions. Elle est gratitude, elle est ce qui réside au-delà de l’humilité et de l’abandon, elle est ce qui emplit la coupe une fois qu’elle s’est vidée. Elle est la porte de lumière grande ouverte en nous. (Voir L’invitation à l’abondance). La fausse joie, celle qui sert à masquer les douleurs, n’est par contre qu’illusion.

Il y a ceux qui croient que la souffrance et la peur sont les bons moteurs pour leur évolution, soit, ils vivront alors cela. Souvent les mêmes pensent que la dévotion à un maître qu’ils ont choisi de reconnaître les soulagera de toute responsabilité quant à leur existence, soit, ceux-là sont mûrs pour un asservissement de plus. Comprenez-vous comment cela fonctionne ? Nous créons toutes les lignes de vie auxquelles nous attachons une croyance et nous les appelons alors dans notre expérience. Au sein de l’illusion collective, elles deviennent notre réalité, puis un egrégore à la mesure du nombre et de la crédulité de ceux qui y adhèrent.

Peinture de Leonora Carrington

C’est donc simple, quel egrégore voulez-vous désormais créer ? Une oligarchie pyramidale de plus où vous serez encore embastillés dans une matrice close, bernés par ceux qui détiennent une connaissance qui vous est soigneusement cachée ? Ou bien allez-vous choisir enfin de vous libérer de tout, à commencer par l’emprise de qui que ce soit, et de retrouver votre vraie place au sein de la Création ?

A l’image de Jérémie, ne vous compliquez pas la vie, ne vous créez pas de peurs et surtout n’adhérez plus aux combines des faiseurs de peurs qui font commerce de la crédulité. Tout est beaucoup plus simple, mais nécessite néanmoins une quête sincère de la Vérité, une exploration des méandres intérieurs de nos psychés, afin de débusquer nos mensonges à nous-même et par voie de conséquence de discerner clairement les mensonges d’autrui, quelles que soient les nombreuses vérités au sein desquelles ils se dissimulent pour mieux endormir.

Soyez alors vous-même sans chercher de norme à laquelle se confondre, sans chercher l’approbation dans le regard de l’autre, soyez celui qui incarne ce qu’il a déjà croisé de la Vérité et qui dans cette quête sincère s’enrichira chaque jour un peu plus. Quel que soit l’endroit où vous en êtes, quelles que soient vos éventuelles insuffisances, ça sera pour tous un grand bénéfice.

Fraternellement,

© Le Passeur – 10 Mars 2013 – http://www.urantia-gaia.info Cet article est autorisé à la diffusion à la seule condition de ne pas l’associer à une démarche commerciale, de respecter l’intégralité du texte et de citer la source.

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