Dans les derniers recoins de notre humanité


Publié le 7 septembre 2013 par Le Passeur

Nicholas RoerichPar le Passeur.

Me voilà donc de retour sur l’onde au terme d’une exploration de quelques mois en mon humanité. Comme beaucoup en ce moment, j’ai donné un coup de pied dans la fourmilière de ma vie mû par l’irrésistible désir de mon âme d’évoluer au-delà de mes acquis ou devrais-je dire de l’illusion de mes acquis. Car n’oublions pas que nos vérités sont toujours des croyances éphémères, en science comme en spiritualité, qui ne demeurent que jusqu’au moment où l’expérience nous ouvre une nouvelle porte.

Cette épée dont j’avais parlé dans mon dernier article, cette vérité que nous poursuivons indiciblement dans les méandres de nos vies, cette vérité que dans la sincérité de notre engagement nous appelons à nous, exige d’avoir le courage de tout remettre en question de la surface aux tréfonds de notre être, de notre vie. Comme je l’avais alors dit, l’épée tranche, mais aussi guérit.

La guérison ne peut se faire que dans l’engagement absolu et courageux d’aller tout voir en soi dans la volonté de transmuter ce qui fait mal.

En cette période bénie où tout est propice pour cela, nous rencontrons néanmoins une difficulté inattendue. Car si les voiles de l’oubli de qui nous sommes nous ont permis jusque-là d’expérimenter pleinement notre incarnation – et c’était l’objectif -, la levée progressive de ces voiles nous déprogramme du chemin initial. C’est à la fois nécessaire pour notre déconditionnement à l’exercice de l’autorité et à celui de la soumission qui ne sont que les miroirs de nos peurs, mais cela ouvre également une porte vers un égarement possible…

Les voiles qui limitaient jusque-là notre conscience s’amenuisent et révèlent peu à peu, chacun à son rythme, des pans de notre identité au sens large, de notre histoire et du sens de notre existence au sein de l’expérience sur Terre et au-delà. Notre perception dans le linéaire s’éclaire alors que notre verticalité se révèle. L’on prend donc conscience progressivement du caractère illusoire et chaotique des émotions que nous créons au sein de cette matrice et des réalités qu’ainsi nous forgeons dans notre champ d’expérience. C’est nécessaire dans le processus « ascentionnel »  qui nous conduit à notre libération, mais je constate que cela en incite beaucoup, même chez les plus engagés, à rejeter la nécessité d’aller visiter chaque boyau de leur spéléologie personnelle, bref à vouloir se dégager de l’expérience avant d’en avoir extrait la quintessence.

Il est vrai qu’au terme d’un cycle de vies si difficile, si épuisant pour l’âme, à l’aube naissante d’une conscience qui s’élargit, il est plus que tentant de vouloir se dégager de l’expérience humaine avant l’heure, de saisir l’élan nouveau en négligeant les poids qui nous lestent. Peut-on pour autant faire l’économie de notre entier dénuement ? Je ne le crois pas. Pas si notre engagement est absolu d’évoluer au plus loin que nous puissions aller. Pour ceux qui en ont fait le choix avant de naître et qui maintiennent aujourd’hui fermement leur engagement, tout en s’ouvrant à la faveur de l’élan qui nous emporte, il importe de faire feu de tout bois afin d’illuminer nos cavernes les plus sombres, les plus insoupçonnées, les plus inattendues.

Ne vous réfugiez pas dans la solitude en espérant faire cette traversée-là, au contraire, c’est dans le miroir à l’autre que vous avancerez le mieux vers ce que vous n’éclairez pas encore en vous. C’est dans le miroir à l’autre que vous découvrirez les boyaux inattendus dans une grotte que vous pensiez parfaitement connaître. Quels que soient les jugements et les émotions qui vous traversent, ce que l’autre vous renvoie est toujours un message destiné à remuer une boue dans les strates de l’inconscient.

Nous sommes des boîtes à double et triple fond dont nous n’imaginons parfois même pas l’existence tant notre égo blessé les a si bien enfouis. L’inaccessibilité de ces strates est à la hauteur des souffrances qui les ont enterrées. Plus on a eu mal, plus c’est rejeté dans les profondeurs de l’inconscient.

Vous me direz, soit, mais comment atteindre ce dont on n’a pas conscience ? Suivez le chemin de l’émotion, ne la rejetez pas. Et demandez de  l’assistance. On est très aidés…. pour peu qu’on demande cette aide, à nos guides, à notre Moi supérieur, à Dieu, à quelqu’un de confiance, à qui vous voulez qui correspond à votre croyance et à la manière dont vous nommez les choses.

Donc, si votre engagement d’avancer est sincère et si vous demandez de l’aide pour aller où vous n’êtes même pas sûr qu’il y a quelque chose à trouver, eh bien demandez à être mis en situation de contacter ce qu’il y a à toucher dans l’obscurité de votre être.

Nicolai KalmakovQuand je dis que le miroir à l’autre pour cela est très révélateur, le couple, lui, est parfait pour ce qui est de nous renvoyer quelque chose que nous émettons et dont nous n’avons pas conscience. La plupart du temps, en-dehors de la conscience, cet entre-deux se joue dans la dualité avec force schémas répétitifs visant à compenser par l’artifice les insuffisances de chacun. En revanche, si dans le couple les deux sont engagés avec intégrité sur cette voie de guérison et font jeu égal dans leur capacité à révéler à l’autre ce qu’il ne voit pas, sans jugement et dans la compassion, alors, malgré les résistances qui s’exprimeront inévitablement dans un premier temps, le discernement et la progression sont assurés dans ces méandres inexplorées depuis leur création en nous.

Là où il y a peu encore c’était rarissime, je vois de plus en plus de couples s’imprégner de ce désir que leur âme appelle. Des couples qui par leur travail respectif en amont, ont ce potentiel de guérison réciproque du masculin/féminin en eux et entre eux. C’est un travail parfois difficile, surtout pour les hommes, peu habitués à aller au contact de leurs émotions et à ne pas les refouler, un travail courageux car les résistances subsistant encore sont amenées à surgir avec force en ces rencontres programmées, mais ô combien guérisseur et apaisant tant il est soutenu par la voix irrésistible de l’âme qui veut en finir une fois pour toutes avec ce qui la blesse. La complémentarité de l’homme et de la femme prend alors toute sa dimension dans ces couples où le féminin et le masculin sacrés peuvent s’ébrouer du long sommeil des guerres menées contre soi. Ce qui se dessine à l’horizon de ces duos inspirés est le véritable couple sacré, loin de tous les abus de langage du new-âge qui l’ont tant galvaudé.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les conditions vibratoires et électromagnétiques de la planète et de nos corps ont atteint un niveau qui a déclenché pour tout le monde ce processus de remontée de notre inconscient vers la surface. L’heure est à terminer les guerres ou bien à les laisser nous détruire. Nous faisons ce que nous choisissons de cette émergence dans notre vécu. Soit nous la nions une fois de plus avec des conséquences difficiles, soit nous allons au contact avec plus ou moins d’inconfort. J’avais parlé de ce moment où notre travail sur nous-même déterminerait les conditions dans lesquelles nous passerions cette transition. Nous y sommes.

Bien sûr, personne n’est obligé à cet effort ultime du jeu des miroirs, chacun peut vouloir en demeurer là où il en est et se détourner de son reflet. Maintenant, au fur et à mesure que le processus cosmique engagé sur Terre et en nous se poursuit, qu’adviendra-t-il finalement du confort relatif que nous voudrions préserver ? Personne ne le sait mais je ne pressens rien de bon dans cette attitude. Une fenêtre s’est ouverte fin 2012 qui offre à tous un nouveau palier dimentionnel, dont la plupart n’ont pas conscience, d’autres l’ont mais manquent de discernement sur eux-mêmes et d’autres enfin s’y hisseront. Cette fenêtre du possible se refermera tôt où tard. Je ne pense pas que la transition s’éternise et j’estime que nous nous devons d’aller le plus loin possible dans cette incarnation. Ce n’est ni un calcul pascalien, ni l’expression d’un dogme, c’est juste que pour ma part je suis conscient du caractère expérimental de nos incarnations sur Terre. Et de la chance extraordinaire que nous avons en cette vie de vivre un processus ascentionnel portant en lui le potentiel de nous libérer de toutes les chaînes accumulées dans le chemin de la densité, mais surtout de fusionner en nous, en les ayant pleinement éclairées, les deux polarités de notre magnifique humanité en cette dimension que nous pouvons quitter.

L'astronomeComme toujours, c’est une question de regard. Soit l’on considère la vie vécue comme une finalité, soit on la voit comme une étape. Dans le premier cas on tente de mettre en œuvre tout ce qui nous apporte un confort maximum selon les valeurs admises par la majorité consensuelle, dans le second cas on regarde plus loin et on essaie de tirer de l’expérience tout ce qu’elle peut nous apporter de compréhension dans l’instant, avec la perspective d’une suite. C’est cette simple différence de vue qui détermine l’expression et l’exercice au quotidien de la conscience. Et comme je le disais, voir l’étape plutôt que la finalité ne conduit pas pour autant au respect absolu de son engagement.

Les mots, comme toujours, semblent impuissants à décrire avec justesse ce par quoi nous passons et qui nous conduit vers des clartés nouvelles. Poser un mot revient déjà à restreindre le périmètre de son sens. Pourtant c’est ainsi encore que tous nous partageons nos avancées. Et ce partage dans la réciprocité est une entraide qui me semble essentielle pour ne pas nous accrocher à nos croyances et ouvrir de nouveaux angles de vue qui sont autant d’horizons offerts à notre discernement.

Là aussi je vois le danger qu’il y a à vouloir croire, parce que notre réalité en est positivement affectée, que la voie de l’un est meilleure que l’autre. Je vois le danger qu’il y a pour ceux qui transmettent à autrui d’affirmer leur voie comme étant LA voie. Et le danger qu’il y a pour ceux qui les suivent à s’égarer eux-même sur un chemin qui n’est pas le leur.

Transmettre doit rester un partage. Rien de plus. Et celui qui transmet doit demeurer réellement ouvert à ce que l’autre dit et non pas intégrer son vécu à son propre champ d’expérience. Le danger survient vite en ce cas de se placer au-dessus de l’autre, en avance sur lui sous prétexte que ce qui est vécu par l’un fait résonance avec une étape que l’autre aurait déjà franchie.

Si l’on dispose d’un tas de boulons et de quelques pièces à assembler, on peut peut-être faire un vélo, ou un avion avec les mêmes boulons. Pour autant celui qui fait un vélo doit-il ramener l’expérience de celui qui fait un avion à la sienne ? Et si l’autre le suit sans discernement, que deviendra alors son avion ? Nos chemins d’âmes sont tous différents, respectons-les, respectons-nous.

Evidemment, ce n’est pas un concept très vendeur au regard de ce qu’essaient de vendre bon nombre de marchands du New Âge. Il y a toutefois des thérapeutes honnêtes et attentifs à ces pièges, mais cela leur demande une grande intégrité par rapport à leur exercice, une grande clarté de vision et d’avoir le courage comme chacun de toujours se remettre en question et d’accepter de perdre ses repères. Autrement dit, d’avoir fait eux aussi le chemin de guérison qui s’impose et d’avoir pratiqué la voie de l’impeccabilité lorsque l’on prétend brandir son épée de lumière.

Nicholas RoerichQuelle étrange et fascinante période, qui nous demande à la fois lâcher-prise et vigilance, qui tant nous bouscule et nous aspire en une spirale à la fois descendante et ascendante. En quelles profondeurs devons-nous plonger pour guérir les empreintes désormais obsolètes qui ont tant déterminé les schémas de nos vies successives et nos comportements dans la matrice en perdition ? A quels sommets cela nous hisse ?

Tout ce que nous avons connu est tout simplement en train de disparaître, de s’évanouir en perdant sa force avant de perdre sa substance. Autrement dit l’ancien monde a perdu la source de l’énergie qu’il absorbait et ne tient encore que sur des réserves s’amenuisant. Ceux qui n’ont pas conscience qu’il se passe quelque chose sont de moins en moins nombreux, pourtant la grande majorité continue de nourrir une illusion qui n’est plus portée que par leur déni. Le déni est une force qui enferme l’être dans sa souffrance. Verront-ils enfin qu’il y là quelque chose de libérateur et de fondateur ? Emprunteront-ils le chemin de leur libération ? Et pour ceux qui ont conscience de l’aube naissante et de leur rôle d’éclaireur, iront-ils au bout de leur noble engagement, tomberont-ils toutes leurs armures ?

Fraternellement,

© Le Passeur – 7 Septembre 2013 – http://www.urantia-gaia.info > Cet article est autorisé à la diffusion à la seule condition de ne pas l’associer à une démarche commerciale, de respecter l’intégralité du texte et de citer la source.

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2 réponses à “Dans les derniers recoins de notre humanité

  1. TRÈS BEL ARTICLE…..C EST VRAI IL Y A BEAUCOUP DE CHEMIN A FAIRE POUR RETROUVER LE FILS D ARIANE DANS LE LABYRINTHE DE LA CAVERNE D HERCULE….Y A PAS IL FAUT NETTOYER LES ÉCURIES D AUGIAS….SANS VOULOIR FAIRE DE PUB….J AI LU LE LIVRE D ALICE BAILEY…INSPIRÉE PAR LE MAITRE TIBÉTAIN…..CE LIVRE TRÈS DIFFICILE A DÉCHIFFRER SI ON LIT CA….COMME UNE BANDE DESSINÉE ON NE PEUT RIEN EN EXTRAIRE POUR AVANCER SUR LE CHEMIN….SI CHEMIN IL Y A !!!
    LES DOUZE TRAVAUX D HERCULE
    CHAQUE ÉPREUVE (IL Y EN A 12 ) ET UN DÉVELOPPÉ DE CE QUE CHACUN D ENTRE NOUS DOIT AFFRONTER POUR SE NETTOYER DES ILLUSIONS….DES PEURS….DES CROYANCES….DES DOUTES…DES CERTITUDES….DU MIRAGE….DE RANCŒURS….ETC…ETC…ETC…QUI NOUS REMPLISSENT ET NOUS ALOURDISSENT ET NOUS MAINTIENNENT DANS CE MONDE A 3 DIMENSIONS
    CONTENT DE REPRENDRE LE CONTACT….PAR COMMENTAIRE….OU TEL
    QUE J AI PERDU…!!! A BIENTÔT J ESPÈRE

    • salut Raymond….ca fait plaisir de te lire sur le blog….! j’ai éffectué une formation en geobiologie avec un ancien éleve de Hartmann….en Alsace …..je suis partis me ressourcer quelques mois en haute savoie et méditer sous un dolmen à reignier….avec un vortex /cheminé cosmo téllurique tres puissante …! j’espere que ton projet se déroule au mieux….! contact moi via fb https://www.facebook.com/bodyspirit.zen…a bientot

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