L’humanité pourrait-elle survivre sans céréales ?


« Cher Jean-Marc,

Vous semblez vouloir bannir de nos repas pains, pâtes, viennoiseries, et en général tous apports de glucides dont on sait pourtant qu’ils sont le « fuel » de notre organisme, nécessaires à l’accomplissement de nos efforts musculaires et de notre travail cérébral.(…)

Pourtant, l’évolution de l’homme au fil des siècles ne lui permettait plus de vivre en cueilleur-chasseur. Il fallait une autre alternative pour nourrir des masses et c’est bien ce que la culture des céréales a produit.(…)

Rejeter le pain serait condamner à la famine 2 ou 3 milliards d’individus. En effet, qui peut se payer le luxe de 5 légumes et fruits bio par jour arrosés d’huile de noix ou d’olive, et se régaler avec un bon saumon sauvage aux yeux brillants ?

Vos solutions nous intéressent, cher Jean-Marc.

Merci d’avoir pris le temps de considérer cette réflexion qui devrait sensibiliser le plus grand nombre. »

Ce courrier, adressé par un abonné à ma lettre, est représentatif de plusieurs messages que j’ai reçus récemment et je vais y répondre.

Il est vrai que, malheureusement, « se payer 5 légumes et fruits bio par jours arrosés d’huile de noix ou d’olive », comme le dit notre lecteur, est devenu un luxe.

Mais est-ce une fatalité, ou un choix de société qui pourrait donc être réformé ?

Culture moderne céréalière : des rendements imbattables

Aujourd’hui, dans les pays industrialisés, un seul agriculteur peut cultiver 100 hectares de céréales, parfois plus encore.

Peu de personnes imaginent ce que représentent 100 hectares.

Avec 100 hectares de blé, vous pouvez produire 2,5 millions de baguettes de pain, ou 90 millions de Petit-Beurre ! Si vous faites du maïs, 100 hectares vous permettent de fabriquer 50 millions de paquets de pop-corns de 100 g chacun.

Les rendements, c’est bien simple, dépassent l’imagination. Et la conséquence est que le prix des céréales est, en effet, très bas. C’est pourquoi on trouve des boulangeries à tous les coins de rue : les marges sur le pain et les pâtisseries sont importantes, parce que la matière première ne coûte presque rien. Cela permet de faire face aux énormes charges qui pèsent sur les commerces (emplacement, salaires, charges sociales et impôts). De même, c’est parce que les céréales sont si bon marché qu’elles sont mises en avant partout dans les grandes surfaces, et que vous en trouvez dans la plupart des produits alimentaires industriels. (la suite ci-dessous)

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Suite de la lettre de ce jour :

Fruits et légumes : hors de prix et de mauvaise qualité

Manger des légumes, en revanche, est de plus en plus problématique. Le prix des légumes frais n’est plus accessible à toutes les bourses : le kilo de tomates coûte facilement 3 euros, y compris à la belle saison, ce qui ne les empêche pas d’avoir un goût de navet.

Les pêches et brugnons vendus dans le commerce sont en général durs comme du bois, les fraises sont insipides, les salades gorgées d’eau. Les prix, eux, ne cessent d’augmenter.

Alors, serons-nous malgré tout obligés de nous rabattre sur le pain et les pâtes pour survivre ?

C’est ce qu’on veut nous faire croire aujourd’hui. Mais c’est oublier que, comme disaient nos ancêtres, « la terre est généreuse quand on la travaille ».

La productivité oubliée des potagers

A force de vivre à la ville, on risque parfois d’oublier qu’un simple potager peut apporter une quantité considérable de fruits et de légumes frais et bios.

Les Russes qui ont connu le régime soviétique et les pénuries s’en souviennent : un simple rectangle de 25 mètres sur 20 mètres (500 m²) permet de nourrir une famille de 4 personnes en fruits et légumes pendant toute l’année.

Bien tenu, il produira assez de chacune des espèces suivantes, pour la consommation d’une année entière :

  • des légumes-fruits : tomate, aubergine, poivron, courge, melon, citrouille ;
  • des légumes-feuilles : chou, brocoli, navet, chou-fleur, laitue, épinard, blettes, céleri ;
  • des légumes-racines : carotte, betterave, radis, poireau, oignon, échalote, ail ;
  • des légumineuses : pois, haricots, lentilles, fèves ;
  • des arbres fruitiers (pommes, poires, prunes), des petits fruits rouges et noirs de toutes sortes, noix, noisettes, amandes.

Un pays comme la France compte 30 millions d’hectares de surface agricole utilisée [1].

Si 2,5 % de cette surface était transformée en potager, il y aurait assez de place pour faire 15 millions de potagers de 500 mètres carrés chacun, soit de quoi nourrir 15 millions de familles en fruits et légumes frais de toutes sortes, toute l’année.

Le calcul est-il irréaliste ?

Bien entendu encore, on me répondra que cultiver des potagers est impossible, car demandant trop de travail. La culture de fruits et de légumes n’est pas aussi facile que celle d’hectares de blé ou de maïs. Tout ne peut pas se faire au tracteur et à la moissonneuse-batteuse.

Cependant, la zone euro compte, à elle seule, 20 millions de chômeurs [2].

Ce chiffre ne tient pas compte de toutes les personnes qui ne sont plus inscrites au chômage, parce qu’elles n’y ont plus droit ou qu’elles ont renoncé à chercher du travail.

Au total, c’est une force de travail d’au moins 30 millions de personnes qui se trouve là. Il suffirait qu’une personne sur dix, parmi elle, se mette à cultiver des potagers, et l’Europe ferait rapidement face à une production colossale de fruits et légumes bio, de qualité ! 10 %, ce serait déjà 3 millions de personnes !! Avec les moyens agricoles modernes (motoculteurs, irrigation, transport, conservation…), les résultats pourraient être tout simplement prodigieux.

Je sais bien qu’une telle réforme ne se fera pas, car l’actuel système arrange trop de monde. La raison pour laquelle les gens ne cultivent plus de potager ne tient pas au manque de terre, ou de bras, mais à notre préférence marquée pour… les iPhone, les iPad, les jeux-vidéos et les centres-commerciaux.

Ce n’est pas moi qui changerai ça, j’en ai conscience. Mais il me paraît néanmoins exagéré de dire que le mode actuel de production céréalière industrielle est le seul mode de production alimentaire imaginable.

Dans une prochaine édition de La Lettre Santé Nature Innovation, je donnerai des indications complètes pour faire soi-même un bon potager.

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis
Retrouvez mes meilleures chroniques dans L’ Intégrale Santé Naturelle (J.-M. Dupuis, 2013, SNI éditions, 384 p.) disponible ici (lien cliquable). Tous mes droits d’auteur seront reversés à l’ Institut pour la Protection de la Santé Naturelle, association sans but lucratif qui défend le droit de chacun de se soigner autrement. Acheter mon livre est aussi un moyen de soutenir leur généreux combat.

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